Agathe Riou

Agathe Riou

Titre de la thèse : Analyser l’activité collective d’intermédiation dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une action publique territorialisée visant à la transition dans les systèmes alimentaires. Le cas d’un Projet Alimentaire Territorial en Ile de France

Riou Agathe

Date de soutenance : 15 juin 2026 à 10h00

AgroParisTech, 22 place de l’Agronomie, amphi C2.0.37

  • Ecole doctorale : ABIES
  • Direction : Marianne Cerf (SADAPT) et Vincent Boccara
  • Financement : ANR/ACT
  • Début de la thèse : 14/11/2022

Jury :

  • Gilles Jeannot : Professeur ENPC, Rapporteur et Examinateur
  • Raphaël Weissbrodt : Professeur Haute Ecole de Santé (Suisse), Rapporteur et Examinateur
  • Florence Barcellini : Professeure CNAM, Examinatrice
  • Claire Lamine : Directrice de Recherche INRAE (Centre PACA),  Examinatrice
  • Lorène Prost : Directrice de Recherche INRAE (Université Paris-Saclay),  Examinatrice

Résumé : Cette thèse renseigne le travail effectué par les collectifs d’acteurs qui oeuvrent pour l’action publique territoriale au service de la transition vers la soutenabilité. À partir de la sociologie politique et des sustainability transition studies, je considère les acteurs de ces collectifs comme des intermédiaires à double titre : dans le processus de territorialisation de l’action publique par l’articulation des orientations de l’État et les intérêts des acteurs locaux ; et dans le processus de transition en soutenant l’interconnaissance et l’intercompréhension entre les acteurs. L’originalité de cette thèse est de comprendre comment les intermédiaires contribuent collectivement à l’exploration et au traitement de wicked problems qu’ils rencontrent dans l’élaboration et la mise en oeuvre d’une action publique territorialisée au service de la transition vers la soutenabilité. Un premier apport est la construction d’un cadre conceptuel interdisciplinaire pour appréhender les activités collectives d’intermédiation. Il articule des concepts et outils d’analyse des activités collectives de conception en ergonomie à des apports de la sociologie politique pour l’étude des dispositifs et instruments d’action publique territorialisée et de construction des problèmes publics locaux. Ce cadre est ensuite mis à l’épreuve dans le cas de l’élaboration et la mise en oeuvre d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT) francilien. Ma démarche est longitudinale pour saisir le déploiement de ce PAT de 2016 à 2025. Elle repose sur l’analyse (i) des documents produits par l’État liés à la politique publique nationale de l’alimentation et sa territorialisation ; (ii) des documents produits par les acteurs du périmètre du PAT concernant les problématiques liées aux sujets agricole et alimentaire qu’ils rencontrent ; (iii) d’observations de réunions d’instances du PAT entre 2022 et 2025 ; (iv) des documents qui renseignent le contenu de ces réunions avant 2022 ; et (v) d’une trentaine d’entretiens menés avec les partenaires du PAT et des personnalités historiques du territoire. À partir de ces données, j’identifie les éléments de cadrage produits par l’État, d’une part, et, par des acteurs locaux au sein du périmètre du PAT concernant la définition et le traitement des problèmes publics que prend en charge le PAT d’autre part. J’analyse ensuite les activités collectives d’intermédiation en m’appuyant sur une analyse sociocognitive des activités collectives de conception. Cette analyse a nécessité un enrichissement du cadre d’analyse ARAD pour appréhender les spécificités liées à la situation d’action publique territoriale, ce qui constitue un deuxième apport de cette thèse. Le troisième apport montre que les activités collectives d’intermédiation participent simultanément à la conception de deux dimensions du PAT : la transformation du système agri-alimentaire territorial et l’organisation du collectif qui la définit. L’analyse pointe que les intermédiaires s’investissent plus fortement dans la conception de règles et normes pour s’organiser collectivement que dans la formulation d’une problématique partagée et d’une visée commune pour transformer le système agri-alimentaire territorial. Ils assurent la coexistence d’une diversité de problématiques et solutions portées par les acteurs locaux impliqués dans le PAT. Cela n'est pas indépendant du cadrage produit par l’État, qui oriente et outille peu les intermédiaires à la construction d’une problématisation et d’une visée systémique dans les territoires. La discussion des cadres conceptuel et analytique construits ainsi que les résultats qu’ils produisent sur un cas d’étude pointent le caractère résolument politique des activités collectives d’intermédiation. Elle ouvre des perspectives sur l’exploration du travail de conception contribuant à élaborer et mettre en oeuvre l’action publique territorialisée au service de la transition vers la soutenabilité.